Ce qui m'a inspiré:
les romans d'Eric-Emmanuel Schmitt
"Ulysse from Bagdad"
et de Khaled Hosseini
"Les cerfs-volants de Kaboul" |
Résistance
Des gens autour de nous, des enfants,
au milieu de la rue, dans une mare de sang,
il était couché là,
les bras tendus vers nous.
Je le soutenais par le cou.
Il essayait de me dire des choses,
mais sa bouche est restée close.
La douleur étouffait ses derniers mots,
sans doute de pardon aux bourreaux,
de m’occuper de ma sœur, de ma mère,
de maîtriser mes pulsions, mes haines, mes colères,
de retrouver l’enfant écervelé,
qui avait tiré le coup de feu,
et puis d’essayer de lui pardonner.
Une simple promenade en famille, le jour de la prière,
s’est transformée en carnage, à leur manière.
Ils avaient décidé de s’en prendre aux innocents.
c’est plus facile que de viser des combattants !
La balle avait ricoché sur un mur.
On ne les comptait plus les bavures !
Les gens couraient en criant,
dans un vacarme assourdissant.
Le tireur avait pris la fuite,
c’était un enfant soldat.
Ma sœur me tira par le bras,
j’ai lâché la tête de mon père.
C’était le fils du voisin, presqu’un frère.
Avant son adolescence,
de toutes les évidences,
il choisit le camp de la violence.
Il a laissé tomber tous ses amis,
d’ailleurs connaissait-il ses ennemis,
connaissait-il ses ennemis ? |
De quel droit, ces vies réduites en cendres, mais qui sont-ils ?
Tous les jours, dans ma ville, meurent de nombreux civils,
la haine, la mort, la destruction pour seule ambition.
Voisin meurtrier, viens me voir, il faut une discussion.
On s’est mis à courir en hurlant,
je t’ai laissé là, agonisant,
je ne te reverrai jamais.
Enfant soldat, mon voisin,
tout n’est pas perdu,
réveille ta conscience au fond de toi
et pleure et pleure et pleure avec moi,
sur le sort de notre terre meurtrie.
Je te pardonnerai.
Amis, nous pleurerons encore,
mais de moins en moins.
À ces carnages, il est temps de mettre une fin.
À notre tour d’enseigner
à ces grands penseurs,
la paix, la tolérance, le respect dans le bonheur.
Il est temps de poser ton arme et de rompre avec les larmes,
de reconstruire nos maisons, nos vies, dans la communion.
Tournons le dos à ces meneurs marchands de mort et de malheur.
je te raconterai mon père, tu me raconteras le tien.
Jetez vos armes à leurs pieds, qu’ils rendent des comptes,
qu’ils soient jugés. Bannissez-les de vos maisons, vos terres,
enterrez-les dans vos cimetières, mais attention, un jour viendra
la tentation de marcher dans leurs pas !
Alors il faudra être fort pour ne pas pactiser avec la mort. |